« Ma peinture est une Walkyrie : elle brûle, elle veille, elle décide. »
Cette série est née sous le signe de Brünnhilde, figure incandescente qui m’accompagne depuis un an : fille rebelle, sœur loyale, femme qui s’émancipe et se sacrifie, se brise pour mieux renaître. Dans mes peintures, elle n’est jamais un simple personnage : elle est une vibration, un souffle qui traverse chaque geste, chaque effusion de couleur. Les accords de l’opéra de Wagner ont guidé ma main comme une pulsation interne. Sa puissance orchestrale, son lyrisme sans retenue ont ouvert un espace où la peinture devient une partition, un lieu d’échos et de tensions.
J’explore cette Walkyrie multiple — jeune fille naïve, guerrière flamboyante et prisonnière vaincue — en laissant dialoguer la fluidité et la densité de la matière. Les transparences aquarellées révèlent la fragilité, tandis que les strates d’ocre, d’or ou de terre ancrent les corps dans un monde mythique. La couleur agit comme un leitmotiv visuel, revenant, variant, s’enflant, jusqu’à créer une narration silencieuse.
Les paysages oniriques ouvrent des passages vers l’intérieur, j’utilise la figure de Brünnhilde comme un miroir : non pas illustration du mythe, mais territoire mental où la mémoire, le rêve et la lutte intime se rencontrent. Dans ces espaces suspendus, le temps se trouble, les silhouettes deviennent apparitions, les rouges et les ors évoquent le feu de Loge, la brûlure du destin, l’éclat d’une héroïne en devenir.
jeune fille naïve, guerrière flamboyante et prisonnière vaincue